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TOP FRANCE 2022

Comme chaque année, le Top des meilleurs films de l’année démarre par un classement Made in France, afin de célébrer la qualité du cinéma dans l’Hexagone, qui rappelons-le est encore un des plus passionnants au monde. Pour la première année de cinéma complète depuis la pandémie, le cinéma Français a encore brillé avec des oeuvres brillantes, éclectiques et audacieuses, et voici donc mes 15 films préférés en 2022, avec quelques mentions honorables de films qui ont failli faire partie du Top…

MENTIONS HONORABLES


Dernière petite mention honorable : LES VEDETTES, de Jonathan Barré. Nouveau film du Palmashow après LA FOLLE HISTOIRE DE MAX ET LÉON, cette fois dans un contexte moderne. SI je n’ai pas autant aimé le film pour le considérer éligible à mon Top de l’année, j’ai tout de même passé un très bon moment devant, et il me reste en mémoire ce clip génial, qui mérite une mention honorable à lui seul :




TOP FRANCE 2022

15. FALCON LAKE

Réalisé par Charlotte Le Bon

Premier long-métrage en tant que réalisatrice de Charlotte Le Bon, comédienne et ancienne miss météo au Grand Journal, Falcon Lake évoque un premier amour adolescent dans un cadre à la fois idyllique et mystérieux, au bord d’un lac au Québec. Tourné en pellicule 16mm, la réalisatrice crée une atmosphère trouble entre des vacances d’été lumineuses et une ambiance morbide, avec un travail sublime sur les lumières. Les deux jeunes comédiens, Sarah Monpetit, et Joseph Engel (aperçu dans La Croisade, de Louis Garrel), arrivent parfaitement à transmettre l’ambiguïté de leur relation. Un coming-of age movie étonnant, à la lisière du fantastique, qui indique que la carrière derrière la caméra de Charlotte Le Bon devra être suivie avec attention.

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14. À PLEIN TEMPS

Réalisé par Éric Gravel

Ce qui aurait pu être un drame social classique sur une mère célibataire tentant de joindre les deux bouts, se retrouve transformé en thriller suffocant par la mise en scène passionnante d’Éric Gravel. Tout va à cent à l’heure pour Laure Calamy, qui doit tenir un rythme de vie éreintant, constamment sur le fil de la rupture. Une expérience de cinéma angoissante qui vaut vraiment le coup d’oeil.

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13. LES CINQ DIABLES

Réalisé par Léa Mysius

Un film d’une inquiétante étrangeté, glissant du drame familial au fantastique ou au thriller d’une scène à l’autre, conférant au deuxième long-métrage de Léa Mysius une atmosphère malaisante, mais fascinante. Comme à son habitude, Adèle Exarchopoulos est formidable, très investie dans ce rôle assez stimulant.

Lire ma critique complète ici.

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12. Mascarade

Réalisé par Nicolas Bedos

Après le troisième volet d’OSS 117, Nicolas Bedos revient à un projet plus personnel, une sorte de mélange entre Bonnie and Clyde, Arrête-moi si tu peux, et Boulevard du Crépuscule, se déroulant sur la Côte d’Azur. Un récit très dense, mais parfaitement rythmé, grâce un montage et une mise en scène dynamiques. Tout le casting est impeccable, Pierre Niney, Isabelle Adjani, François Cluzet…mais c’est bien Marine Vacth qui impressionne, développant une aura entre le personnage de Sharon Stone dans Basic Instinct et celui de DiCaprio dans Catch Me If You Can. Bedos confirme avec son 4ème long-métrage une certaine maîtrise de sa mise en scène, et une ambition narrative qu’il convient de saluer.

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11. JANE PAR CHARLOTTE

Réalisé par Charlotte Gainsbourg

Une déclaration d’amour d’une fille à sa mère sous forme de documentaire, oscillant entre des moments de vie d’une simplicité désarmante, et des conversations plus introspectives sur la vie de Jane Birkin en tant qu’artiste et mère de famille. Pour son premier film, Charlotte Gainsbourg parvient à toucher au sublime, en interrogeant sa mère sur sa vie, leur vie, leur relation, mais aussi sur l’inéluctable. Magnifique.

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10. MICHAEL CIMINO, UN MIRAGE AMÉRICAIN

Réalisé par Jean-Baptiste Thoret

Jean-Baptiste Thoret, en plus d’être un brillant auteur, critique et historien du cinéma, est aussi documentariste. Après We Blew It en 2017, il s’attaque ici à l’un des plus importants cinéastes américains : Michael Cimino. Seulement, au lieu d’adopter une structure classique, en parlant de sa vie à travers des recherches et différents entretiens, il vient chercher un autre angle de vue : l’amérique de Cimino, celle qu’il a filmé. Dans la première partie du film, on s’intéresse à la petite ville de Mingo Junction, qui a accueillie en 1977 le tournage de Voyage au Bout de l’Enfer, et à ses habitants, comment ils ont vécu le tournage de ce chef d’oeuvre, quelles ont été les répercussions et son héritage sur cette communauté etc… Puis on traverse les USA, guidés par la voix-off du cinéaste, enregistrée par Thoret lui-même lors d’un road trip avec lui il y a des années, pour aller sur les autres lieux de tournage ayant marqué sa filmographie, comme ceux de La Porte du Paradis ou du Canardeur. Un passionnant documentaire, agrémenté d’interviews d’anciens collaborateurs de Cimino et d’autres cinéastes prestigieux comme Quentin Tarantino ou Oliver Stone, offrant un contrepoint aux témoignages précieux des locaux.

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9. LA NUIT DU 12

Réalisé par Dominik Moll

Dominik Moll, connu pour le thriller Harry un Ami qui vous veut du bien, s’attaque ici à un polar centré sur le meurtre affreux et inexplicable d’une jeune femme, immôlée soudainement alors qu’elle rentrait chez elle le soir. Avec une esthétique et un rythme rappelant Zodiac de David Fincher, La Nuit du 12 interroge le traitement des violences faites aux femmes, et la nature des relations hommes-femmes. Bouli Lanners est encore une fois formidable, mais c’est surtout Bastien Bouillon qui se révèle ici, en tant qu’inspecteur de police obsédé par la recherche de la vérité. Un très bon polar, qui nous emmène en Isère, loin de la grisaille parisienne, dans un cadre montagnard d’une froideur qui sied parfaitement le sujet du film.

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8. L’ORIGINE DU MAL

Réalisé par Sébastien Marnier

© Laurent Champoussin

Après la mort de sa mère, Stéphane décide de faire enfin la connaissance de son père, mais elle se retrouve entraînée dans une terrible lutte de pouvoir entre lui et les femmes de sa maison, concernant son héritage. Après le choc qu’avait été L’Heure de la Sortie en 2019, on avait hâte de voir le prochain projet de Sébastien Marnier, qui confirme ici son talent avec un drame grinçant, oscillant entre Chabrol et De Palma. Grâce à d’excellents dialogues et interprétations, ainsi qu’une mise en scène inspirée, mettant en valeur ce décor impressionnant, le cinéaste nous convie à un jeu de manipulation cruel mais jubilatoire.

Lire ma critique complète ici.

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7. LA VRAIE FAMILLE

Réalisé par Fabien Gorgeart

Un mélodrame centré sur une famille d’accueil, déchirée par le départ d’un des enfants, dont le père biologique veut retrouver la garde. Mélanie Thierry est exceptionnelle, une performance bouleversante, toute en sensibilité, mettant enexergue l’amour maternel primaire qu’elle éprouve pour ce fils adoptif. Le film évite le parti du manichéisme, portant les points de vue respectifs du père biologique (interprété par Félix Moati), et de la mère adoptive comme tous deux respectables, et ce choix est payant narrativement puisque le spectateur se retrouve ainsi coincé dans un tourbillon d’émotions implacable, à la mise en scène délicate.

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6. L’INNOCENT

Réalisé par Louis Garrel

France – 1h40 – sortie : 12/10/22 – 2022 – Réalisateur : Louis Garrel – Scénariste : Louis Garrel, Tanguy Viel, avec la collaboration de Naïla Guiguet – LEGENDE PHOTO : (de gauche à droite) Louis Garrel, Noémie Merlant, Anouk Grinberg et Roschdy Zem – Avec : Roschdy Zem : Michel – Anouk Grinberg : Sylvie – Noémie Merlant : Clémence – Louis Garrel : Abel – Jean-Claude Pautot : Jean-Paul – Yanisse Kebbab : Chauffeur de camion caviar

Pour sa 4ème réalisation, Louis Garrel propose un objet hybride, entre film de braquage, comédie familiale, et comédie romantique. Un humour au tempo comique ciselé, dans lequel Garrel a l’habitude de briller, mais où il réussit surtout à y emmener Noémie Merlant, habituée des roles dramatiques, qui dévoile un potentiel de comédie insoupçonné.

Lire ma critique complète ici.

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5. FUMER FAIT TOUSSER

Réalisé par Quentin Dupieux

Voir Quentin Dupieux et son univers absurde s’aventurer vers le Tokusatsu (films à effets spécieux Japonais), et les séries de Sentaï comme Power Rangers a quelque chose de réjouissant. Il s’en approprie les codes en assumant le côté kitsch et carton pâte des costumes, allant jusqu’à faire utiliser une marionnette de rat immonde à Alain Chabat pour incarner le chef de la bande des Tabac Force. Dupieux dévie de la structure classique qu’annonce le genre pour en faire un mélange entre un film de vacances et les Contes de la Crypte. Les Tabac Force seront forcés d’aller camper ensemble quelques jours pour renforcer leur cohésion d’équipe, et s’amuseront à se raconter des histoires horribles pour se faire peur. Autant dire c’est sans doute le film le plus drôle de l’année, avec notamment une longue séquence avec Blanche Gardin qui se tient aisément parmi les meilleurs moments de comédie Française de ces dernières années.

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4. PACIFICTION

Réalisé par Albert Serra

À Tahiti, une rumeur inquiétante se propage, sur la présence d’un sous-marin impliquant la reprise des essais nucléaires français au large des côtes. Le Haut-Commissaire de la République mène son enquête et tente d’apaiser les tensions naissantes dans la population locale. Le cinéaste espagnol Albert Serra réalise un film envoûtant, à l’atmosphère étrange, presque planante, sorte de Twin Peaks tropical dans lequel Benoit Magimel navigue brillamment à vue puisque les dialogues sont presque tous improvisés. Un film atmosphérique et imprévisible, dont la séquence de la vague est une des plus vertigineuses vues sur grand écran en 2022.

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3. LES ENFANTS DES AUTRES

Réalisé par Rebecca Zlotowski

Virginie Efira incarne ici une femme d’une quarantaine d’années, tentant de créer un lien affectif avec la petite fille de son nouveau compagnon. Par la force des choses et l’évolution de ses relations, Rachel n’a toujours pas pu concevoir d’enfant, et son âge implique qu’elle n’a plus beaucoup de temps pour réaliser son souhait. Le film de Rebecca Zlotowski aborde la difficulté de s’intégrer au sein d’une famille recomposée, et la question de la maternité en tant que belle-mère. Si Roschdy Zem prouve à nouveau cette année qu’il est un de nos meilleurs comédiens, Efira continue sur sa brillante lancée avec une performance d’une grande délicatesse.

Lire ma critique complète ici.

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2. VORTEX

Réalisé par Gaspar Noé

Gaspar Noé, le réalisateur d’Irréversible vient ici proposer un drame intimiste sur le délitement cérébral au sein d’un couple de personnes âgées. Au casting on retrouve le maître du Giallo Dario Argento, Françoise Lebrun, l’actrice de la Maman et la Putain (un des films favoris de Noé), et Alex Lutz qui incarne leur fils. Dépouillé de ses artifices habituels de mise en scène, ce film s’avère être d’une humanité et d’une sensibilité insoupçonnée, comme si le cinéaste avait senti que le sujet nécessitait une épure totale. Le seul effet notable est le split screen, symbolisant la fracture que crée la maladie dans le couple, mais permettant aussi deux points de vue simultanés. Les comédiens sont d’une justesse épatante, mais surtout Françoise Lebrun, dont le regard égaré est absolument déchirant. Clairement le film le plus mature du cinéaste.

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1. RIEN À FOUTRE

Réalisé par Emmanuel Marre et Julie Lecoustre

À travers des scènes très réalistes, semblant parfois anodines, on est plongés dans le quotidien de cette jeune hôtesse de l’air dans une compagnie low-cost tentant de se remettre du décès brutal de sa mère. Entre son rythme de travail, les soirées arrosées, et les rencontres éphémères, le premier film des deux cinéastes Français aborde aussi la perte de repères sociaux et le déracinement. Adèle Exarchopoulos y est absolument formidable, jamais dans l’excès, à l’image de ce qui est sans doute une des scènes les plus bouleversantes de l’année, lorsqu’elle reçoit un appel de son opérateur téléphonique. Voilà un film dont le premier visionnage était déjà impactant, mais sa sublime mélancolie a finit par me hanter des mois durant.

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