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TOP FILMS 2021

Voilà enfin la seconde et dernière partie du Bilan Cinéma de 2021, avec le Top Films global, regroupant les films Français et Internationaux que j’ai le plus apprécié cette année. Malgré plus de quatre mois de fermeture des salles, de nombreux films de grande qualité sont venus sur nos écrans, parfois même trop de films, car un embouteillage de sorties s’est ressenti du fait des nombreux reports depuis 2020. Sans plus attendre, voici mes films préférés de l’année, en commençant par ceux qui ont failli intégrer le Top !


MENTIONS HONORABLES

Tre Piani, réalisé par Nanni Moretti

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La Loi de Téhéran, réalisé par Saeed Roustayi

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MENTION SPÉCIALE

ZACK SNYDER’S JUSTICE LEAGUE

Réalisé par Zack Snyder

Un des plus gros événements de cinéma et de pop culture de l’année, cette director’s cut de Justice League représente la célébration d’une oeuvre dont son auteur reprend le contrôle, après l’immense sabotage de Warner et Joss Whedon sur la version sortie au cinéma en 2017. En effet, si je place ce Justice League en mention spéciale, c’est principalement dû à son contexte de production, qui nous a privé d’un tel film il y a 4 ans. Cependant, il est évident pour moi que c’est un de mes films préférés cette année, peut-être dans les cinq qui m’ont le plus enthousiasmé. Sans nul doute le meilleur comic-book movie de l’année.

Pour retrouver mon avis plus détaillé, c’est par ici.

Bande-annonce :


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TOP FILMS 2021

15. MÉDECIN DE NUIT

Réalisé par Elie Wajeman

Un thriller fulgurant, resserré, rappelant L’Impasse de Brian De Palma, avec un Vincent Macaigne totalement à contre-emploi qui impressionne. Top 3 de mon Top France cette année.

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14. JULIE (EN 12 CHAPITRES)

Réalisé par Joachim Trier

C’est l’histoire de Julie, bientôt trentenaire, qui n’arrive pas à se fixer dans la vie. Alors qu’elle pense avoir trouvé une certaine stabilité avec Aksel, elle fait une autre rencontre. En compétition à Cannes, le film a remporté le Prix d’Interprétation pour sa merveilleuse actrice, Renate Reinsve, véritable révélation. A travers son personnage principal, Joachim Trier raconte les troubles d’une génération de jeunes adultes, perdus entre des aspirations professionnelles floues, et des attentes sociales étouffantes. Un superbe film tranche de vie, à la mise en scène élégante et l’écriture intelligente, racontant la vie de la malicieuse et délicieuse Julie, en 12 chapitres.

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13. MADRES PARALELAS

Réalisé par Pedro Almodovar

Après Douleur et Gloire, un film très autobiographique avec Antonio Banderas, Pedro Almodóvar collabore à nouveau avec Penelope Cruz pour Madres Paralelas, qui lui a valu le Prix de la Meilleure Actrice à la Mostra de Venise. Autant évacuer tout de suite une évidence, c’est mérité, et le cinéaste la filme extrêmement bien. C’est un métrage assez particulier puisque d’un côté nous avons une intrigue dramatique sur un échange de bébés, avec en toile de fond la découverte des fosses communes où sont enterrés depuis des décennies des gens assasinés sous le régime Franquiste. Ponctué de belles idées de mise en scène et de montage, ce qui est intéressant dans le récit est ce paradoxe constant chez Janis, qui d’une part cache un terrible secret qu’elle n’ose révéler à son amie, et qui d’autre part est déterminée à révéler un des grands secrets du pays avec cette histoire de fosses à déterrer. Un très beau drame, faisant la part belle aux femmes et aux mères, pas seulement celles du film, mais celles qui ont perdu maris et enfants à l’époque, sans avoir pu leur rendre hommage dignement.

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12. MATRIX RESURRECTIONS

Réalisé par Lana Wachowski

Très attendu et redouté, ce nouvel opus de la saga Matrix, arrivant 20 ans après la conclusion d’une Trilogie brillante, ayant repoussé les limites du cinéma américain à grand spectacle. Lana Wachowski (Sense8) s’occupe seule de la réalisation cette fois, sans sa soeur Lily, mais parfois à livrer un discours intéressant sur la production de blockbusters et l’exploitation de licences aujourd’hui (faisant écho à la sortie du nouveau Spider-Man une semaine avant). Un film déstabilisant, grinçant et volontairement cynique, mais qui ne manque pas de coeur.

Lire la critique complète ici.

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11. TRUE MOTHERS

Réalisé par Naomi Kawase

Dans ce film portant le label Cannes 2020, Naomi Kawase dresse le portrait sensible de deux mères : l’une très jeune, laissant son enfant à l’adoption, et l’autre, mère adoptive du bébé en question. Un film d’une grande délicatesse, rappelant la simplicité émouvante de certains films de Kore-eda. Un très beau travail est effectué sur les lumières, donnant un aspect solaire au métrage, même lorsque les personnages traversent des moments difficiles, donnant une atmosphère très douce et chaleureuse. Les prestations très subtiles et émouvantes des comédiens participent beaucoup à cette ambiance délicate. Un regard très empathique porté sur la maternité (et le désir d’être parent), dans un Japon baigné de lumière.

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10. BELLE

Réalisé par Mamoru Hosoda

Dans cette relecture moderne de La Belle et la Bête, le réalisateur des Enfants Loups et Summer Wars vient explorer le parallèle entre la vie réelle des gens et celle du monde virtuel « U » qui leur permet d’explorer leur potentiel sous anonymat. Rappelant parfois Ready Player One, cette plongée vertigineuse dans un monde virtuel offre des possibilités visuelles incroyables pour Hosoda et le Studio Chizu, délivrant probablement son film le plus ambitieux visuellement. Un spectacle généreux, avec des passages musicaux à donner des frissons.

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9. THE CARD COUNTER

Réalisé par Paul Schrader

Après l’excellent First Reformed en 2018, Paul Schrader, le brillant réalisateur de Mishima, et scénariste de Taxi Driver et Raging Bull, revient cette fois avec un long-métrage sur un joueur de cartes, incarné avec précision par Oscar Isaac. Ancien vétéran, condamné à 8 ans de prison pour avoir participé à des techniques de torture pendant des interrogatoires sur des prisonniers, il tente de vivre sa vie paisiblement, sans faire de vagues. Sauf que la rencontre du fils d’un de ses camarades, qui s’est suicidé – ayant moins bien encaissé le fait de payer à la place de leur chef, le réel de ces méthodes violentes – va changer son quotidien. Le désir de vengeance du jeune garçon (Tye Sheridan), va l’inquiéter, lui rappeler les mêmes idées noires qui lui ont traversé l’esprit, et il tentera de le remettre sur le droit chemin en le prenant sous son aile. Ce qui est intéressant c’est que Schrader recycle des thèmes de Taxi Driver, avec son personnage traumatisé par la guerre, qui va essayer de sortir un jeune d’un chemin sombre. Le personnage d’Oscar Isaac est moins dérangé que celui de Robert de Niro, plus conscient de son trauma et dans le contrôle de sa vie, mais il semble bouillonner, comme une bombe à retardement. La mise en scène rend une atmosphère planante, bien accentuée par la musique. Il est également intéressant de voir que Paul Schrader, à 75 ans, arrive encore à innover dans l’approche visuelle du cinéma. Notamment dans les séquences de flashback à l’armée, tournées avec des caméras 360°, dont il a aplati les rushes, rendant une image dont les perspectives se déforment vers les côtés du cadre. Une idée visuelle étonnante, qui déstabilise, rendant ces flashbacks d’autant plus vertigineux. The Card Counter n’est définitivement pas un film sur les cartes, qui restent ici en toile de fond des tourments des personnages.

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8. FIRST COW

Réalisé par Kelly Richardt

First Cow se déroule au 19ème siècle, racontant l’histoire de Cookie Figowitz, un cuisinier, et King-Lu, immigrant Chinois, qui s’associent pour monter un commerce de délicieux beignets, préparés avec le lait volé de la première vache introduite aux USA, appartenant à un bourgeois du coin. Au lieu de nous servir un western classique, Kelly Reichardt s’intéresse à des personnages plus humbles, proposant une aventure à hauteur d’hommes, résolument anti-spectaculaire. Le format carré 4:3 indique que l’intrigue est plus resserrée, à l’opposé des formats cinémascopes ou plus larges qu’adoptaient certains westerns, pour célébrer les grands espaces américains. Ici, il s’agit de filmer deux hommes dans une petite cabane, au milieu de la forêt, en train de cuisiner des beignets par exemple. En résulte une jolie histoire d’amitié, que le contexte historique n’aurait pourtant pas donné pour acquis.

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7. LA NUÉE

Réalisé par Just Philippot

Découvert en avant-première en octobre 2020, nul doute que ce film aurait figuré sur le podium de mon Top si le second confinement et la fermeture des salles de cinéma n’avaient pas repoussé sa sortie. Un gros choc, pour ce drame social plongeant petit à petit dans le pur film d’épouvante. Une horreur qui travaille les corps, comme Cronenberg aimait le faire à l’époque avec La Mouche, créant ainsi une montée en tension redoutable, très perturbante et viscérale. Un premier film pour son réalisateur, très maîtrisé, comme le travail des scénaristes qui mènent très bien leur sujet jusqu’au bout.

Pour lire la critique complète, c’est ici.

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6. UN HÉROS

Réalisé par Asghar Farhadi

Asghar Farhadi, le réalisateur du formidable Une Séparation, récompensé aux Oscars en 2012, revient en compétition à Cannes avec Un Héros, racontant l’histoire d’un homme qui tente de régler ses dettes pendant sa permission pour sortir définitivement de prison, mais la découverte d’un sac rempli de pièces d’or va bouleverser sa vie. Portrait d’un individu très nuancé, au sein d’une société iranienne où l’image publique et l’honneur doivent être préservés, au gré de négociations déstabilisantes. Un film qui confronte différents points de vue, amenant le spectateur à sans cesse remettre en question ses certitudes sur les personnages. Un scénario d’une ambiguïté morale passionante et une mise en scène subtile, offrant probablement le plus beau plan final de l’année. Grand Prix à Cannes mérité.

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5. LA PANTHÈRE DES NEIGES

Réalisé par Marie Amiguet et Vincent Munier

Probablement le film qui m’aura le plus ému en 2021. Une déclaration d’amour à la nature et aux merveilles qui l’habitent. Une quête du Graal passionnante, pour arriver à observer un animal insaisissable : la panthère des neiges. Si l’expérience est déjà superbe, ce sont les mots de Vincent Munier, photographe, et Sylvain Tesson, écrivain, qui ponctuent cette belle aventure d’une réflexion sur le regard que l’on porte sur le monde qui nous entoure. Un sublime documentaire, accompagné par une partition délicate de Nick Cave et Warren Ellis. Mon film Français préféré de 2021, tout simplement.

Pour lire ma critique complète, c’est ici.

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4. LE DIABLE N’EXISTE PAS

Réalisé par Mohammad Rasoulof

Pour éviter de se faire censurer, Mohammad Rasoulof a réalisé quatre courts-métrages, qu’il a ensuite regroupé pour en faire un seul film, sur le thème commun de la peine de mort en Iran, et notamment sur les bourreaux, chargés d’exécuter les prisonniers. Ce qui en fait des personnages de cinéma intéressants, c’est que ce sont des gens tirés au sort pendant leur service militaire, qui devront s’occuper de cette lourde tâche : appuyer sur un bouton, déclenchant l’exécution d’un condamné. Parmi eux évidemment, des hommes qui accomplissent leur mission en faisant abstraction des conséquences, et d’autres pour qui cela pèse plus lourd sur la conscience. Le cinéaste réussit à aborder à travers ces quatres histoires, des cas de figure à la fois différents, mais aussi intimement liés, par la charge morale que ce travail forcé leur impose. Il adopte une mise en scène différente à chaque segment : une tranche de vie à la limite du documentaire pour le premier (jusqu’à ce terrible dernier plan), la caméra épaule pour lorgner vers le thriller dasn le second, puis de sublimes compositions pour un drame romantique dans le troisième, et enfin, se tourner vers le drame familial dans le dernier, avec une mise en scène délicate et contemplative. Certains plans rappellent Et la Vie Continue ou encore Le Goût de la Cerise, d’Abbas Kiarostami, autre grand cinéaste Iranien, notamment dans les deux dernières histoires. Récompensé de l’Ours d’or à la Berlinale 2020, Le Diable n’existe pas s’impose comme une des grandes oeuvres politiques et sociales de l’année, au travail de mise en scène absolument remarquable.

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3. DUNE

Réalisé par Denis Villeneuve

Adapté du roman de Frank Herbert, après l’essai maladroit de David Lynch en 1984, et le projet avorté de Jodorowsky, c’est Denis Villeneuve, le réalisateur du brillant Blade Runner 2049 qui s’en charge. En résulte un blockbuster ambitieux, visuellement très abouti et au casting talentueux. Oscillant entre de grandes scènes épiques et des moments plus intimistes, sensoriels, c’est un très grand spectacle que nous propose le cinéaste Canadien, nous immergeant dans cet univers de façon tout à fait limpide. La suite, prévue pour fin 2023 s’annonce encore plus ambitieuse et épique, et pourra peut-être rendre cette saga aussi essentielle que des grandes épopées telles que Star Wars ou Le Seigneur des Anneaux.

Pour lire la critique complète, c’est ici.

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2. DRIVE MY CAR

Réalisé par Ryusuke Hamaguchi

Après Senses et Asako, Ryusuke Hamaguchi adapte une nouvelle d’Haruki Murakami, pour en faire un film de 3h très dense et passionnant. Le style épuré mais extrêmement millimétré du cinéaste est au service d’un récit évoquant le deuil, le trauma, les émotions, au sein d’un canevas théâtral puisque les personnages préparent la représentation d’une pièce de Tchekov. Hamaguchi use d’une mise en scène subtile, pour transmettre un sentiment chaleureux et envoûtant dans l’atmosphère du film, favorisant l’immersion lors des nombreuses passionnantes scènes de dialogues, qu’elles se déroulent dans la voiture, lors d’un repas, ou au bord de la mer. Un film fascinant, qui montre également que l’Art peut traverser les barrières du langage pour transmettre des émotions et permettre d’apprendre des choses sur les personnages mais aussi sur nous-mêmes. Son Prix du Scénario à Cannes est amplement mérité tant le travail d’écriture est brillant, mais le Grand Prix du Jury ou la Palme n’auraient pas été scandaleux pour un des plus grands films de cette année.

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1. MEMORIA

Réalisé par Apichatpong Weerasethakul

Une femme à la recherche d’une mystérieuse détonation sonore qu’elle seule entend part trouver les réponses dans la jungle Colombienne… Pour son premier long-métrage tourné hors de Thaïlande, entre l’espagnol et l’anglais, Apichatpong Weerasethakul propose une expérience de cinéma unique, méditative et lancinante. A travers l’errance de Jessica, superbement interprétée par Tilda Swinton, le cinéaste propose une réflexion passionnante sur la vie, la mort, les souvenirs, et le son au cinéma. En effet, tout le postulat du film s’articule autour de ce mystérieux boom sonore et son origine, amenant aux 30 dernières minutes du film, absolument sidérantes. Les expérimentations sonores prennent une toute autre dimension dans ce climax, forçant le spectateur à remettre en question ce qu’il a vu jusque-là. Memoria est une fascinante expérience sensorielle, totalement inédite au cinéma, et très certainement le chef-d’oeuvre de l’année, qui aurait mérité de repartir de Cannes avec la seconde Palme d’or du réalisateur après Oncle Boonmee, au lieu du Prix du Jury.

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