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TOP FILMS 2020

Nous y voilà, deuxième et dernière partie du Bilan Cinéma de l’année 2020. Un contexte extrêmement compliqué qui n’a donné qu’environ 6 mois d’exploitation de films en salles, et d’inombrables reports.

Dans les films reportés que j’attendais le plus cette année, il y avait Dune de Denis Villeneuve, The French Dispatch de Wes Anderson, le nouveau James Bond, mais aussi Benedetta de Paul Verhoeven, et le West Side Story de Steven Spielberg, qui m’intriguait pas mal. Pour autant, malgré des films reportés et 2 confinements, les distributeurs Français (et quelques internationaux) ont joué le jeu tant bien que mal pour déployer leur calendrier de sorties, et proposer de bons films.

Voilà donc le classement de mes films préférés de l’année 2020, une liste personnelle, qui ne sera pas forcément en accord vos goûts, mais c’est ma vision de cette année de Cinéma.


MENTIONS HONORABLES

ÉTÉ 85, réalisé par François Ozon

LE CAS RICHARD JEWELL, réalisé par Clint Eastwood

DARK WATERS, réalisé par Todd Haynes

DANS UN JARDIN QU’ON DIRAIT ÉTERNEL, réalisé par Tatsushi Omori


10. ADOLESCENTES

Réalisé par Sébastien Lifshitz

Numéro 3 de mon Top France cette année, Adolescentes est un documentaire se concentrant sur la vie de deux amies, de 13 à 18 ans. L’universalité de ces moments de vie est criante, et permet également de poser un regard sur la façon dont cette jeunesse a grandi, s’est forgée pendant ces années 2010, qui ont connu beaucoup de bouleversements sociaux, économiques, et technologiques.

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9. A SUN

Réalisé par Chung Mong-hong

Passé par le festival de Toronto et multi-récompensé au Golden Horse Film Festival de Taïpei en 2019, le film de Chung Mong-hong a fait son petit chemin jusqu’en France, en sortant discrètement sur Netflix. A Sun raconte l’histoire d’une famille Taïwanaise dont l’équilibre va se fragiliser lorsque leur plus jeune fils va se faire envoyer dans un camp de détention juvénile, après une attaque violente à l’arme blanche. Un drame familial ensoleillé, malgré les différents malheurs qui s’abattent sur eux. « La chose la plus juste en ce monde est le Soleil » déclare le fils aîné, sur qui repose l’espoir de ses parents. Outre son introduction brutale, le film se distingue par un souffle délicat, une atmosphère douce, malgré certains événements tragiques, comme un rayon de soleil traversant un nuage. Avec des cadres subtilement composés et des mouvements de caméra fluides, la mise en scène laisse les émotions se dévoiler petit à petit, jusqu’à un final saisissant. Durant près de 2h30, A Sun ne laisse jamais de temps morts, tout est là pour graduellement développer les personnages et les relations familiales, qui se déchirent, et se recomposent au fil du temps.

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8. ADIEU LES CONS

Réalisé par Albert Dupontel

Tenant également une place sur le podium de mon Top France, Adieu les Cons, le nouveau film d’Albert Dupontel, n’a eu droit qu’à 8 jours d’exploitation avant la fermeture des salles de cinéma, ce qui ne l’a pas empêché de cartonner. Un super démarrage, complètement mérité, pour ce film aussi déjanté qu’émouvant. Un film bouillonnant d’idées de mise en scène et d’écriture, au rythme effréné (1h27), qui s’impose facilement comme une des oeuvres les plus réjouissantes de 2020. N’oubliez pas d’aller le soutenir quand les salles réouvriront !

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7. SOUL

Réalisé par Pete Docter

Débarqué directement sur Disney+ le 25 décembre au lieu de la sortie prévue au cinéma, Soul est la dernière production en date des studios Pixar, et réalisé par Pete Docter, le papa de Monstres & Cie, Là-Haut, et Vice-Versa. Si ce dernier commençait déjà à aborder des thématiques moins accessibles aux enfants, par le prisme de l’adolescence, Soul marque davantage le pas, s’adressant principalement aux adultes (jeunes et plus vieux). En effet, il aborde la vie et la mort, encore une fois avec un concept d’univers très marqué visuellement, beau et ludique à la fois, permettant au personnage (et au spectateur) une introspection sur son parcours, et sa manière de vivre. Un film qui rappelle que la vie est précieuse, que l’on a pas le temps de se la gâcher en passant à côté de ce qui nous anime, et qu’il faut en savourer chaque instants, même dans ses plus infimes détails. Soul s’inspire aussi parfois de La La Land dans sa manière d’évoquer les passions (ici avec le Jazz également), ou encore du chef d’oeuvre Une Question de Vie ou de Mort (1946) dans la matérialisation du concept de monde céleste régissant les passages vers l’Au-Delà, et les secondes chances. Le travail d’animation de Pixar est encore une fois bluffant, que ce soit dans les textures, les lumières, ou les couleurs. Omar Sy et Camille Cottin s’en sortent avec panache pour le doublage Français, à nouveau très soigné par le studio. Pourtant auréolé du label « Cannes 2020 », nous ne pouvons pas le découvrir sur grand écran, Disney ayant pris la décision de ne pas soutenir les cinémas en cette période difficile, ce qui est extrêmement dommage, compte tenu de ses visuels magnifiques et sa partition musicale (signée Trent Reznor et Atticus Ross) très particulière. Soul est en tous cas un excellent cru signé Pixar, proposant son lot d’humour et d’émotions, mais cette fois dans un ton plus adulte.

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6. PLAY

Réalisé par Anthony Marciano

Il était évident que mon film Français préféré de l’année se retrouve également dans ce Top. Un film sur la vie, l’enfance, l’adolescence, le passage à l’âge adulte, et tout ce qui gravite autour. S’intéressant particulièrement à la génération 90/2000, Play prend le temps de faire revivre une époque dans ses moments glorieux, et ceux qui le sont moins. Tout sonne vrai, et le dispositif du « found-footage » permet de capter des moments de vie réjouissants. Comme l’impression d’avoir regardé un film sur ma vie.

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5. DRUNK

Réalisé par Thomas Vinterberg

Nouvelle collaboration entre Thomas Vinterberg et Mads Mikkelsen après La Chasse (voir mon Top Années 2010), Drunk raconte l’histoire d’une bande de potes, tous enseignants, qui vont décider de mettre en pratique une théorie selon laquelle l’homme pourrait augmenter ses capacités cognitives et sociales en maintenant un bas niveau d’alcoolémie tout au long de la journée. Le cinéaste danois ausculte ici l’alcoolisme, et la place de l’alcool dans notre société, quel que ce soit le mode de consommation. Une réflexion sans jugement, ne délivrant pas de message pro ou anti-alcool, mais simplement pour observer ces hommes s’enivrer, les effets et les conséquences que cela procure, en bien comme en mal. Les comédiens sont tous formidables, notamment Mads Mikkelsen livrant une performance géniale de lâcher-prise, et qui aurait certainement reçu un Prix à Cannes si le Festival avait pu avoir lieu. Drunk est une célébration de la vie, qui arrive à point nommé au beau milieu de cette crise sanitaire nous privant de nos libertés sociales, dont le film nous rappelle la beauté, au gré d’une musique également symbolique. What a Life.

PS : Le film sera de retour à l’affiche à la réouverture des salles, n’ayant eu que 2 semaines d’exploitation avant le confinement, donc allez le (re)voir dès que ce sera possible !

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4. MADRE

Réalisé par Rodrigo Sorogoyen

Après deux incursions dans le thriller avec le très bon polar Que Dios Nos Perdone, et l’excellent El Reino (voir mon Top 2019), qui s’intéressait à un homme politique, Rodrigo Sorogoyen se tourne vers un drame plus intimiste, avec Madre, l’histoire d’une mère qui tente de faire le deuil de son fils, enlevé 10 ans auparavant. Imbriquant son court-métrage du même nom en guise de séquence d’ouverture du film, le cinéaste choisit d’en explorer la suite, une décennie plus tard. Une introduction fracassante, d’une quinzaine de minutes en un seul plan, où l’on voit peu à peu la terreur et le désespoir envahir cette mère, superbement incarnée par Marta Nieto, qui s’impose comme une des révélations de l’année. Après cette entrée irrespirable, on nous transporte dans le Sud-Ouest de la France, où l’on retrouve la mère, qui vit près de l’endroit où son fils a disparu, espérant sa réapparition. Changement d’époque et de lieu, ainsi que de ton et de style de mise en scène pour Sorogoyen, qui délaisse en grande partie un style nerveux, tendu, et dynamique, pour une caméra flottante, lorgnant du côté de Terrence Malick. La rencontre avec un jeune garçon, interprété par Jules Porier (vu dans Play plus tôt cette année), ne manquera pas de perturber Elena, qui y verra une ressemblance frappante avec son fils. Lui en revanche, devant l’intérêt soudain mais discret que lui porte cette femme (certes plus âgée) y verra un potentiel premier amour, aux accents oedipiens. Cette dichotomie dans la vision de cette relation entre les deux protagonistes est extrêmement ambigüe, ce qui fait du film un objet cinématographique aussi déroutant que fascinant.

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3. TENET

Réalisé par Christopher Nolan

Ayant fait plus de 2 millions d’entrée en France malgré la pandémie, Tenet s’impose comme le plus gros succès étranger de l’année dans l’hexagone. Pourtant il est peut-être le film ayant le plus divisé les spectateurs en 2020. Si le nouveau long-métrage de Christopher Nolan ne se hisse pas tout à fait à la hauteur de ses films les plus reconnus, il est en revanche son plus ambitieux, et son plus vertigineux depuis Inception. Nolan fait son James Bond, enrobé d’un nouveau concept temporel renversant, offrant certains des moments de mise en scène les plus épatants de sa filmographie, et porté par un duo Washington / Pattinson en grande forme. Pour avoir mon avis plus en détails, vous pouvez lire ma critique, j’en pense encore chaque mot.

La critique sans spoilers, disponible ici.

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2. UNCUT GEMS

Réalisé par Josh et Benny Safdie

Sorti directement sur Netflix en France fin janvier dernier, après une sortie salles aux USA fin 2019, Uncut Gems est le nouveau film tant attendu des frères Safdie après l’électrisant Good Time en 2017. Dans la lignée de ce dernier, les Safdie ont poussé le curseur encore plus loin en réalisant un film qui aurait très bien pu s’inscrire dans la période du Nouvel Hollywood des années 70. Pas étonnant que Martin Scorsese soit venu soutenir ce projet, tant il fait écho à son cinéma de l’époque, mais aussi à celui de John Cassavetes, un des cinéastes phares de ce mouvement. Le parallèle avec l’oeuvre de ce cinéaste est tout sauf anodin, notamment pour la manière de filmer des personnages dans un petit espace, mais aussi et surtout, pour le design sonore. En effet, Uncut Gems est un film bruyant, une cacophonie infernale, des dialogues qui ne s’arrêtent pas et se superposent (caractéristique des films de Cassavetes), accompagnés de la partition étonnante de Daniel Lopatin. Adam Sandler, habitué aux comédies potaches, livre ici la performance de sa carrière en incarnant Howard Ratner, un joailler qui croule sous les dettes mais qui ne cesse de faire des paris sportifs. Un personnage auto-destructeur, aussi agaçant qu’attachant, qui décidera de prêter la pierre précieuse dont sa réussite financière dépend, à Kevin Garnett, star des Boston Celtics. S’en suivra une course contre la montre haletante, intelligemment articulée autour d’un vrai match de playoffs NBA disputé en 2012. J’ai pour ma part eu la chance de découvrir Uncut Gems en avant-première sur grand écran au Christine Cinéma Club, et l’expérience fût très immersive, notamment pour le son. L’atmoshpère tendue du film a totalement fonctionné sur moi, rendant mon visionnage quasiment irrespirable. Un véritable bijou de maîtrise.

Disponible sur Netflix France.

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1. SÉJOUR DANS LES MONTS FUCHUN

Réalisé par Gu Xiaogang

Premier long-métrage du jeune Gu Xiaogang, Séjour dans les Monts Fuchun est une histoire familiale, suivant une grand-mère vieillissante, ses quatre fils et leurs familles respectives, au fil des saisons. Ayant choisi des acteurs amateurs et de vrais habitants de Fuyang, le cinéaste recherche l’authenticité, pour filmer sa ville natale. Rendant hommage à l’artiste Huang Gongwang et son rouleau peint au XIVe siècle, portant le même nom que le film, la mise en scène, à travers de longs mouvements de caméra, fait évoluer les personnages dans le décor, pour en dévoiler des richesses au fur et à mesure, comme si l’on déroulait le rouleau d’une peinture. Ce procédé brillant, permet au spectateur d’aiguiser son regard, et de créer différents niveaux de lecture, ajoutant à une scène un point de vue ou une signification supplémentaire. Un plan séquence de 11 minutes se distingue en ce sens, filmant les personnages et les habitants se baladant au bord de la rivière, comme si elle-même les observait paisiblement, en témoin des mouvances de la vie de cet endroit. Ce film s’inscrit dans l’étude de la Chine moderne et ses transformations urbaines et sociales, qu’explore notamment un autre grand cinéaste actuel : Jia Zhang-ke. Cependant, on se focalise ici sur les liens avec la population locale, et la nature environnante. Difficile de se dire que c’est seulement un premier film, tant la maîtrise de la mise en scène est impressionnante de maturité. Gu Xiaogang s’impose d’ores et déjà comme un des cinéastes à suivre pour les prochaines années, surtout avec la promesse d’accompagner ce film de deux autres métrages, censés compléter une trilogie.

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