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LES TROIS MOUSQUETAIRES: D’ARTAGNAN – CRITIQUE

Voici enfin le premier volet du diptyque consacré à l’adaptation du célèbre roman d’Alexandre Dumas, par le réalisateur Martin Bourboulon. Ce film à très gros budget s’inscrit dans la volonté de Pathé de produire des films pouvant amener un large public en salles. Si le récent Astérix n’était malheureusement pas un très bon exemple de cette stratégie, tandis que Les Trois Mousquetaires est une formidable réussite, et son exact opposé sur certains points.

La première volonté de ce projet est de lui conférer un souffle épique, et c’est précisément là-dessus que Martin Bourboulon arrive à s’illustrer, offrant des séquences d’action assez spectaculaires. On sent qu’un long travail de préparation était de mise pour l’équipe technique mais aussi pour les comédiens, puisque certaines scènes étaient filmées en plan séquence. Un gros travail de chorégraphie, qui s’avère payant notamment sur la bataille dans la forêt avec les Mousquetaires. Ce qui est intéressant dans l’approche du cinéaste sur les scènes d’action, c’est sa capacité à proposer différentes intentions de mise en scène, pour d’adapter aux situations narratives.

Puis pour celle dans l’Abbaye du Val de Grâce, il va nous plonger également en plan séquence dans le point de vue de la Reine, (brillamment incarnée par Vicky Krieps) se retrouvant seule, un couteau dans les mains, tandis que son amant se bat violemment à l’extérieur de la pièce contre un groupe d’assassins. Une scène dont l’utilisation du hors-champ (on aperçoit l’action seulement par bribes dans l’encadrement de porte) s’avère terriblement efficace puisque cette violence suggérée accentue la tension et la peur du personnage. Quant à la dernière scène d’action, s’agissant d’un attentat, Martin Bourboulon opte cette fois pour un découpage plus dynamique, voulant rendre compte du chaos de la situation, mais sans perdre cet élan épique qui caractérisait le film jusqu’ici.

Sans trop rentrer dans les détails afin de ne rien divulguer de l’intrigue, penchons-nous un instant sur les principales séquences d’action du film, et comment elles semblent avoir été pensées. Pour la séquence se déroulant dans la forêt, il adopte un style visuel très immersif, parfois proche des corps et des coups portés, pour en ressentir toute l’intensité, mais en gardant une certaine visibilité et n’hésitant pas à poser parfois son cadre quelques secondes pour iconiser une action ou un personnage. 

Vous l’aurez compris, le film de Martin Bourboulon se trouve être particulièrement intéressant et généreux dans ses scènes d’action. Mais qu’en est-il du reste ? Pour rester sur l’aspect formel du film, la direction artistique, des costumes aux décors est très réussie, et le cinéaste parvient à sublimer tout ça avec sa caméra, en donnant de l’ampleur aux images (chose que ne parvenait pas du tout à faire Canet sur Astérix), et ainsi justifiant la quantité d’argent investie dans le projet. 

La narration est également assez soignée, parvenant à introduire efficacement ses enjeux et ses protagonistes. Les dialogues sont parfois assez savoureux, notamment les échanges entre les Mousquetaires, ou les répliques du Roi Louis XIII, délicieusement incarné par Louis Garrel. Tout le casting est d’ailleurs de grande qualité, chaque comédien arrive à tirer son épingle du jeu et semble parfaitement à sa place. 

Ce premier volet des Trois Mousquetaires est donc une franche réussite, un beau film de capes et d’épées spectaculaire, n’ayant pas grand chose à envier à bon nombre de grosses productions américaines, et rappelant par instants le Pacte des Loups dans le soin apporté aux images et dans la volonté de travailler ses scènes d’action (quand bien même le style chorégraphique est très différent). Un blockbuster à la Française qui s’assume comme tel, montrant de vraies envies de cinéma, à travers un grand récit, et une caméra à la hauteur des enjeux.

Nul doute que la partie 2, intitulée Milady, nous réserve de belles choses. Rendez-vous en décembre pour la conclusion de ce diptyque.

En salles le 5 avril.

Bande-annonce :

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